Présentation des grades et appellations dans l'armée de Terre
Les grades et appellations en usage aujourd'hui, dans l'armée de Terre, sont issus des évolutions des armées, de la langue française et de l'histoire qui ont forgé ces titres avec le temps. L'histoire des grades exprime ainsi au travers des diverses appellations et subdivisions les évolutions de l'armée de Terre.
En préambule, il convient de rappeler que les grades indiquent le rang dans la hiérarchie et le commandement qui y est associé ou l'emploi tenu. Mot lui-même dérivé du latin gradus qui désigne une marche d'escalier, le grade peut être un degré d'honneur, une dignité ou un rang dans la hiérarchie.
Le développement des états-majors et services a conduit à la création de grades spécifiques et à l'existence de plusieurs grades par niveau hiérarchique et de responsabilité, ce qui explique, entre autre, leur apparition et évolution dans le temps. Un grade se matérialise par le port d'un insigne distinctif, des droits et devoirs et un niveau de rémunération spécifique. L'appellation est la manière dont on appelle le détenteur d'un grade.
LA TROUPE
On appelle petits gradés, les militaires du rang portant ou non, les grades de caporal ou caporal-chef et brigadier ou brigadier-chef selon leur arme d'appartenance. La dénomination de " soldat de première classe " est une distinction attribuée aux hommes du rang, ce n'est pas un grade.
LES SOUS OFFICIERS
Sous l'ancien régime on les appelait les bas-officiers ; ils secondaient les officiers dans l'encadrement quotidien de la troupe. L'évolution des moeurs et de la langue française rendant ce terme péjoratif, il a disparu pour laisser place au terme de sous-officiers, qui fait référence au positionnement hiérarchique en vigueur.
Les grades des sous-officiers sont ceux de sergent, sergent-chef, adjudant, adjudant-chef et major.
LES OFFICIERS
Ce terme tire son origine des charges et offices délivrés par le chef de l'Etat à des chefs militaires et qui en ont la propriété (loi sur l'état d'officier du 19 mai 1834). Avec l'adoption du service militaire obligatoire, le rôle des officiers a évolué vers plus de complexité. Autrefois, instructeur chevronné, entraîné à la vie en campagne et garant des traditions régimentaires, l'officier agit par l'exemple et s'assure du respect des traditions transmises aux hommes du rang. Avec le raccourcissement du service militaire, l'élévation du niveau d'instruction moyen de la population et l'évolution de la société en général, l'officier est tenu à des interventions qui s'exercent au quotidien, à donner l'impulsion dans l'exécution des tâches, à former aux méthodes militaires, à aguerrir et préparer au combat dans un cours laps de temps et à éviter les heurs entre les hommes d'horizons de plus en plus variés et réunis au sein des formations dont il a le commandement ou la charge. Tout ceci a conduit l'officier à développer de multiples compétences, à être à la fois chef, instructeur et éducateur.
Les officiers subalternes comptent, le sous-lieutenant, le lieutenant et le capitaine.
LES OFFICIERS GENERAUX
Les officiers généraux portent le titre de général de brigade, général de division, général de corps d'armée, général d'armée.
La qualification de général découle d'une abréviation utilisée aux temps de la monarchie en France. On appelait capitaine-général puis colonel-général le commandant de compagnie qui donnait des ordres aux autres commandants en période de guerre. A partir de Charles VII en France, l'habitude a été prise de donner au représentant du Roi le titre de lieutenant-général. Le titre ne devient un grade que sous louis XIII. La Révolution le remplace par celui de général de division mais la Restauration le réhabilite. La chute de la Monarchie de Juillet consacre l'appellation de général de division.